À Copenhague, les vélos ont surpassé les voitures dans le centre-ville depuis 2016. À Utrecht, impossible de bâtir un nouveau quartier sans y prévoir un maillage cyclable digne de ce nom. Montréal, de son côté, a multiplié par quatre la longueur de ses pistes protégées en moins d’une décennie.
À travers le monde, certaines métropoles imposent une taxe sur les parkings automobiles pour financer l’entretien des voies réservées aux cyclistes. D’autres ont inversé la logique : plus de 60 % de leur réseau routier accorde désormais la priorité au vélo, quand la plupart des grandes villes plafonnent sous les 5 %. Ces choix assumés redéfinissent la carte du globe pour tous ceux qui rêvent de découvrir leur environnement à vélo.
Pourquoi certaines villes deviennent-elles des paradis pour les cyclistes ?
La domination européenne sur le classement mondial du cyclisme urbain ne doit rien au hasard. Ici, l’infrastructure cyclable atteint un niveau rarement égalé : à Utrecht, qui trône en tête du Copenhagenize Index 2025, les pistes larges, continues, séparées du trafic, dessinent un parcours sans fausse note. Stationnements à vélos par milliers, signalisation dédiée, rien n’est laissé au hasard. La ville investit 63 euros par habitant chaque année, un sommet planétaire, et affine sa politique cyclable en s’appuyant sur des données précises : fréquentation, sécurité, retour des usagers.
Les trois piliers du Copenhagenize Index, qualité des aménagements, usage réel, engagement politique, se retrouvent dans le haut du classement, de Copenhague à Gand, Amsterdam et Paris. À Copenhague, le vélo représente plus de 40 % des déplacements. Gand a choisi de réduire la place de la voiture en centre-ville pour redonner la rue aux cyclistes. Amsterdam, pionnière en la matière, continue d’impressionner par la densité de son réseau et la place accordée à toutes les mobilités douces.
Deux tendances se dégagent, à la lumière des données récentes :
- Les villes de taille moyenne progressent à vive allure : leur compacité rend l’intégration du vélo au quotidien plus naturelle.
- Mesure et adaptation : seules les villes qui évaluent en continu et ajustent leurs politiques cyclables voient leur part du vélo grimper significativement.
La méthodologie du Copenhagenize Index, révisée en 2025, témoigne de la maturité du secteur : aujourd’hui, 100 villes de 44 pays sont analysées sur treize critères, allant des zones 30 km/h à la proportion de femmes cyclistes. Hangzhou s’impose comme la seule ville non-européenne du top 10, preuve que l’excellence cyclable reste largement européenne. La France, elle, multiplie les présences avec Paris (5e), Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Lyon. Chacune cultive ses spécificités, mais une certitude s’impose : sans infrastructures solides, aucune ville ne décroche le titre de capitale mondiale du vélo.
Tour du monde des destinations incontournables pour le cyclotourisme
Amsterdam, Hangzhou, Montréal… la carte du cyclotourisme propose des contrastes marqués. Aux Pays-Bas, un réseau serré de routes dédiées permet d’enchaîner moulins, digues et paysages lacustres en toute simplicité. La France rassemble une diversité difficile à égaler : Loire à Vélo, Canal du Midi, Vélodyssée, chaque itinéraire révèle une facette différente du pays. Paris, aujourd’hui cinquième mondiale, attire par la transformation de ses grandes artères et ses aménagements pensés pour tous les niveaux.
Le Danemark et la Suède conjuguent nature et innovation. Copenhague, deuxième du classement, offre un réseau continu traversant ports, parcs et quartiers, tandis que Malmö multiplie les connexions vers la campagne scandinave. Hangzhou, à l’est, illustre l’entrée de l’Asie dans le cercle fermé des grandes villes cyclables, portée par une politique ambitieuse et des vélos partagés en libre-service.
Au Québec, la météo ne fait plus peur : les « Routes vertes » traversent forêts et rives du fleuve, rythmant la pratique au fil des saisons. En Allemagne, Münster et Brême se distinguent par la régularité de leurs infrastructures cyclables et la convivialité de leurs haltes.
Voici quelques destinations qui séduisent les amateurs de vélo à travers le monde :
- Espagne : autour de Gérone, la Costa Brava offre relief et soleil aux cyclistes en quête de diversité.
- Portugal : l’Algarve propose des itinéraires côtiers accessibles quasiment toute l’année.
- Nouvelle-Zélande : paysages sauvages et routes panoramiques, pour ceux qui rêvent de grands espaces à perte de vue.
Zoom sur les pistes cyclables et infrastructures qui font la différence
Au sommet du classement mondial, l’infrastructure cyclable reste le véritable marqueur d’excellence. À Utrecht, la ville la mieux notée du Copenhagenize Index 2025, le réseau de pistes cyclables protégées relie sans interruption quartiers résidentiels et zones d’affaires. Chaque carrefour dispose de sas pour vélos, chaque gare met à disposition des parkings géants, chaque axe prioritaire favorise la circulation douce.
Paris, cinquième du palmarès, poursuit métamorphose après métamorphose. Le réseau cyclable s’étend, reléguant la capitale française juste derrière Copenhague à l’échelle mondiale. Les anciennes artères automobiles, comme la rue de Rivoli ou les quais de Seine, se transforment en espaces privilégiés pour les adeptes du cyclisme urbain. Dans 85 % des rues, la circulation se fait désormais apaisée grâce à la généralisation des zones 30 km/h. Plus de 122 000 places de stationnement vélo publiques répondent à la demande croissante, et le Vélib’ franchit les 56 millions de trajets en 2024.
Le modèle nord-européen s’appuie sur la densité du réseau, mais aussi sur la capacité d’innovation. Gand, Malmö, Anvers multiplient les systèmes de vélos partagés, soutiennent l’usage du vélo cargo et encouragent la diversité des cyclistes. Là où la part des femmes progresse, la sécurité perçue s’améliore nettement, preuve que la qualité du réseau joue sur tous les tableaux.
Les villes les plus avancées partagent plusieurs caractéristiques phares :
- Déploiement massif des zones apaisées.
- Création de stationnements sûrs et accessibles à tous.
- Mise en place d’aides à l’achat pour les vélos cargos.
- Surveillance et réajustement permanents des politiques cyclables.
Conseils pratiques pour préparer un voyage à vélo réussi
Préparer un voyage à vélo suppose méthode et curiosité. Avant de partir, il est recommandé de passer en revue les itinéraires cyclables majeurs des villes visées : Utrecht, Paris, Amsterdam, Gand. Il faut observer la densité du réseau, la qualité des aménagements, la fréquence des points d’arrêt et la présence de stations de réparation. Les villes où le vélo représente plus de 15 % des trajets quotidiens offrent généralement un environnement favorable, que l’on soit débutant ou expérimenté.
Le choix du vélo influence beaucoup l’expérience : pour l’urbain, un vélo pliant ou électrique facilite les correspondances et les changements de rythme. Pour les longues distances, miser sur un modèle robuste, équipé de porte-bagages, et vérifier la compatibilité des pneus avec les surfaces rencontrées s’avère judicieux. Les systèmes de vélos partagés constituent un atout supplémentaire : à Paris, le Vélib’ couvre la quasi-totalité de la capitale, tandis qu’Amsterdam propose des solutions adaptées aux familles et aux groupes.
Le calendrier a aussi son importance. Certains événements métamorphosent la ville : No Car Day à Strasbourg, Critical Mass à Copenhague. Ces moments permettent de découvrir un centre urbain libéré des voitures. Un conseil : privilégier les hébergements labellisés « accueil vélo » et anticiper la météo, qu’il s’agisse de la pluie à Helsinki ou de la neige au Québec, où la pratique ne s’interrompt jamais vraiment.
Pour optimiser votre expérience, voici quelques réflexes à adopter :
- Consulter les plans interactifs des pistes cyclables.
- S’assurer de la disponibilité de parkings sécurisés pour les vélos.
- Prévoir des étapes dans des villages pittoresques ou à proximité de sites inscrits au patrimoine mondial.
L’organisation en amont fait toute la différence. Le vélo invite à une exploration attentive, où chaque détour offre sa part de découvertes. Le monde se dévoile autrement, une cadence après l’autre.


