Asie combien de pays indépendants aujourd’hui et lesquels disparaissent ?

L’Asie regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’États indépendants reconnus par la communauté internationale, un chiffre qui varie selon qu’on intègre ou non certains territoires à souveraineté contestée. Derrière ce décompte apparemment stable, la carte politique du continent a été redessinée à plusieurs reprises au cours du dernier siècle, et certains États ont purement disparu, absorbés par des voisins ou dissous par des processus internes.

États souverains d’Asie : un décompte qui dépend des critères retenus

La liste officielle des Nations unies recense 49 pays indépendants en Asie. Ce total couvre un arc géographique allant de la Turquie (dont la majeure partie du territoire est en Asie) jusqu’au Japon, en passant par l’Asie centrale, le sous-continent indien et l’Asie du Sud-Est.

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Nous observons que ce chiffre fluctue dès qu’on aborde les cas limites. Taïwan fonctionne comme un État indépendant (gouvernement, armée, monnaie, passeport), mais n’est pas membre des Nations unies en raison de la position de la Chine. La Palestine dispose d’un statut d’État observateur non membre. Chypre est parfois rattachée à l’Europe dans les classements géographiques.

L’Asie centrale post-soviétique ajoute une couche de complexité. Le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan sont devenus des États indépendants après la dissolution de l’Union soviétique. Leur inclusion dans le décompte asiatique plutôt qu’européen est une convention géographique, pas une évidence.

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Cartographe traçant les frontières des pays asiatiques indépendants sur une table de travail dans un studio de recherche moderne

Royaumes et empires disparus d’Asie : quels pays n’existent plus

La question « lesquels disparaissent » renvoie à deux phénomènes distincts : les États historiques absorbés et les entités contemporaines dont la souveraineté s’érode.

Disparitions par annexion ou unification

Le Tibet constitue le cas le plus emblématique. Fonctionnant comme un État indépendant de facto pendant plusieurs décennies au début du XXe siècle, il a été intégré à la République populaire de Chine. Le Sikkim, royaume himalayen, est devenu un État de l’Inde par référendum dans les années 1970.

Le Yémen du Sud (République démocratique populaire du Yémen) a fusionné avec le Yémen du Nord pour former la République du Yémen. Le Sud-Vietnam a cessé d’exister après la guerre du Vietnam et la réunification sous autorité de Hanoï.

  • Le royaume de Ryukyu, archipel entre le Japon et Taïwan, absorbé par le Japon à la fin du XIXe siècle après avoir été un État tributaire de la Chine et un partenaire commercial indépendant pendant plusieurs siècles.
  • L’empire ottoman, dont la partie asiatique couvrait le Moyen-Orient et l’Anatolie, dissous après la Première Guerre mondiale et remplacé par la République de Turquie et les mandats français et britanniques au Levant.
  • Les khanats d’Asie centrale (Boukhara, Khiva, Kokand), conquis par l’Empire russe puis transformés en républiques soviétiques avant de devenir les États indépendants actuels.

Décolonisation et redécoupage au XXe siècle

La décolonisation a créé plus d’États qu’elle n’en a supprimé en Asie. L’Inde britannique s’est scindée en Inde et Pakistan, ce dernier perdant ensuite sa partie orientale devenue Bangladesh. La Malaisie a intégré des territoires de Bornéo. Singapour s’est séparée de la Fédération de Malaisie.

Les Indes néerlandaises sont devenues l’Indonésie. L’Indochine française a produit trois États : Vietnam, Laos, Cambodge. Chaque empire colonial démantelé a redistribué les frontières selon des logiques souvent éloignées des réalités ethniques ou linguistiques locales.

États d’Asie à souveraineté contestée ou fragile aujourd’hui

Parler de pays qui « disparaissent » aujourd’hui relève davantage de la souveraineté contestée que de l’annexion militaire classique.

Taïwan est le cas le plus surveillé. La Chine considère l’île comme une province et n’a jamais renoncé à une réunification, y compris par la force. Taïwan n’est reconnu diplomatiquement que par une poignée d’États, un nombre qui diminue régulièrement.

La Palestine, malgré une reconnaissance par une majorité d’États dans le monde, ne contrôle pas l’ensemble du territoire qu’elle revendique. Les divisions internes entre Cisjordanie et bande de Gaza compliquent encore la consolidation étatique.

Le Haut-Karabakh, région du Caucase du Sud à cheval entre l’Asie et l’Europe, a cessé d’exister en tant qu’entité séparatiste après l’offensive azerbaïdjanaise de 2023. Sa population arménienne a massivement quitté le territoire.

Asie centrale et Caucase : les États post-soviétiques face à l’influence russe

Les cinq républiques d’Asie centrale et les trois États du Caucase du Sud (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) sont nés de la dissolution de l’Union soviétique. Leur indépendance formelle ne garantit pas une souveraineté pleine face aux pressions de Moscou et, de plus en plus, de Pékin.

Le Kazakhstan maintient un équilibre diplomatique entre la Russie, la Chine et les puissances occidentales, mais sa marge de manoeuvre reste contrainte par la géographie et les infrastructures héritées de l’ère soviétique. Le Tadjikistan et le Kirghizistan dépendent fortement de l’aide extérieure et des transferts de fonds de leurs diasporas en Russie.

Ces États ne sont pas en voie de disparition au sens strict, mais leur autonomie politique réelle est régulièrement mise à l’épreuve par les dynamiques d’influence des grandes puissances voisines.

Gros plan d'un globe terrestre montrant les pays d'Asie avec des drapeaux miniatures indiquant les nations indépendantes et les régions non reconnues

Pourquoi le nombre de pays d’Asie continue d’évoluer

Le décompte des États asiatiques n’a jamais été figé. Au début du XXe siècle, la majeure partie du continent était colonisée ou sous tutelle impériale. La carte actuelle est le produit de la décolonisation, de la guerre froide et de l’effondrement soviétique.

Plusieurs facteurs maintiennent cette instabilité :

  • Les revendications territoriales maritimes en mer de Chine méridionale impliquent plusieurs États (Chine, Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei) et pourraient, à terme, modifier les rapports de force régionaux.
  • Les mouvements séparatistes actifs (Baloutchistan au Pakistan, Papouasie occidentale en Indonésie, Mindanao aux Philippines) posent la question de futurs États potentiels, même si aucun n’est proche de l’indépendance.
  • La reconnaissance internationale reste un levier politique : un État peut exister sur le terrain sans figurer sur la carte officielle, et inversement.

L’Asie reste le continent où la tension entre souveraineté revendiquée et souveraineté effective est la plus marquée. Le chiffre de 49 pays reconnus masque une réalité bien plus fragmentée, où des entités fonctionnent comme des États sans en porter le titre, et où des États reconnus peinent à exercer leur autorité sur l’ensemble de leur territoire.

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