Le col du Petit-Saint-Bernard culmine à la frontière franco-italienne, entre la station de La Rosière côté Tarentaise et La Thuile côté Val d’Aoste. En hiver, la route qui le franchit est fermée à la circulation pendant plusieurs mois, ce qui transforme radicalement les conditions d’accès.
Les pratiquants de raquettes et de ski de randonnée qui visent ce secteur doivent composer avec cette fermeture prolongée et adapter leur approche en fonction de l’enneigement, du risque d’avalanche et des points de départ réellement accessibles.
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Fermeture de la route du col du Petit-Saint-Bernard : ce que cela change pour les randonneurs
La route du col ferme généralement à l’automne et ne rouvre qu’à la fin du mois de mai, parfois plus tard. En 2026, la réouverture officielle a eu lieu le 24 mai avec deux jours de retard sur le calendrier prévisionnel, en raison de conditions d’enneigement et de sécurité jugées encore délicates. Ce type de décalage n’a rien d’exceptionnel, et les autorités adaptent les dates en fonction du risque avalanche réel.
Pour les randonneurs hivernaux, la conséquence directe est l’impossibilité de monter en voiture jusqu’au col. Le point de départ côté français se situe alors au niveau de La Rosière, dernier village accessible. Côté italien, l’accès se fait depuis La Thuile. Les parkings proches du col lui-même sont inaccessibles et enfouis sous la neige.
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Vérifier les bulletins de conditions avant toute sortie n’est pas un simple conseil de prudence. C’est la seule façon de savoir si le chemin envisagé est praticable, si des coulées récentes ont modifié le terrain, et si la trace habituelle reste lisible.

Ski de randonnée et raquettes au col du Petit-Saint-Bernard : deux pratiques, deux lectures du terrain
Le secteur du col attire autant les amateurs de ski de randonnée que les randonneurs en raquettes, mais ces deux activités n’exposent pas aux mêmes contraintes.
Ski de randonnée depuis La Rosière
La montée vers le col à ski de randonnée emprunte des pentes ouvertes avec des passages exposés au vent. L’itinéraire classique suit globalement le tracé de la route ensevelie, mais les variations d’enneigement d’une journée à l’autre peuvent rendre la trace difficilement identifiable. La descente offre un dénivelé appréciable, à condition que la neige soit stabilisée.
Les skieurs expérimentés connaissent bien ce secteur pour la qualité de la neige en versant nord. En revanche, les pentes au-dessus du col présentent des zones de départ d’avalanche identifiées, et les conditions changent rapidement avec le vent d’altitude.
Raquettes : un itinéraire plus progressif mais pas anodin
En raquettes, l’approche est plus longue et le rythme plus lent, ce qui expose davantage aux changements météo en cours de journée. Le chemin passe en partie par la forêt dans sa portion basse, offrant un abri relatif, avant de déboucher sur des espaces dégagés où l’orientation devient plus exigeante par mauvaise visibilité.
La randonnée en raquettes au col du Petit-Saint-Bernard ne relève pas de la balade familiale. L’altitude, le froid et l’isolement imposent un niveau de préparation sérieux, même sur un itinéraire qui paraît simple sur la carte.
Sécurité en montagne hivernale au col du Petit-Saint-Bernard : les points critiques
Plusieurs facteurs de risque se cumulent dans ce secteur et méritent une attention particulière.
- Le risque avalanche est le premier paramètre à consulter. Les bulletins nivologiques de Météo-France pour la Haute-Tarentaise couvrent ce secteur. Un indice de risque élevé (à partir de 3 sur l’échelle européenne) doit conduire à reporter la sortie ou à choisir un itinéraire en forêt à plus basse altitude.
- L’absence de réseau mobile sur une partie du parcours complique les appels de secours. Emporter un DVA (détecteur de victimes d’avalanche), une sonde et une pelle est un minimum, y compris en raquettes, dès que l’itinéraire quitte la zone boisée.
- La météo en altitude change vite. Une journée ensoleillée au départ de La Rosière peut se transformer en brouillard dense au-dessus de la limite de la forêt. L’orientation repose alors sur un GPS ou une boussole, pas sur la visibilité.
- Le froid statique lors des pauses est sous-estimé. À cette altitude, les températures ressenties descendent bien en dessous de zéro même par beau temps, et l’hypothermie menace dès que l’effort s’arrête sans protection adaptée.

Proposition de loi montagne et encadrement des pratiques hivernales
Une proposition de loi visant à renforcer la sécurité et la responsabilisation des pratiquants en montagne est en cours d’examen au Sénat. Si elle aboutit, elle pourrait introduire des obligations nouvelles pour les randonneurs hors-piste, notamment en matière d’équipement de sécurité et de consultation des bulletins d’alerte avant le départ.
Les retours terrain divergent sur ce point. Certains professionnels de la montagne considèrent que la réglementation actuelle suffit et que le problème relève davantage de l’information des pratiquants. D’autres estiment que l’augmentation de la fréquentation hors-piste justifie un cadre plus strict, en particulier dans des secteurs comme le col du Petit-Saint-Bernard où les secours sont difficiles d’accès en hiver.
Quel que soit l’aboutissement de ce texte, la responsabilité individuelle reste le premier levier de sécurité. Aucune loi ne remplace la lecture d’un bulletin nivologique ou la décision de renoncer quand les conditions se dégradent.
Préparer une sortie hivernale vers le col : les vérifications à ne pas différer
Avant de partir en raquettes ou à ski de randonnée en direction du col du Petit-Saint-Bernard, plusieurs vérifications conditionnent la faisabilité et la sécurité de la journée.
- Consulter le bulletin d’estimation du risque d’avalanche (BRA) de Météo-France pour le massif de la Haute-Tarentaise, disponible en ligne et mis à jour quotidiennement en saison.
- Vérifier l’état du parking de départ à La Rosière ou à La Thuile. En pleine saison de ski, ces zones peuvent être saturées, et le stationnement sauvage sur route enneigée pose des problèmes d’accès pour les secours.
- S’informer sur les traces existantes auprès des refuges ou des offices de tourisme locaux. Une trace récente facilite la progression, mais une trace ancienne recouverte de neige fraîche peut induire en erreur sur la stabilité du manteau neigeux en dessous.
Le col du Petit-Saint-Bernard en hiver n’est pas un itinéraire balisé ni sécurisé. C’est un terrain de montagne à part entière, où chaque sortie se prépare comme une course en altitude, avec les marges de sécurité qui vont avec.

